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Caty BANNEVILLE

née en 1952 dans la Manche

Ecole des Beaux-Arts de Caen

À l'Ecole des Beaux-Arts de Caen de 1969 à 1972, elle apprend la technique du tissage. Elle débute sa carrière d'artiste par la tapisserie et la sculpture textile. Un séjour de trois aux îles Marquises en 1987 marquera un tournant majeur. Dès lors, elle se consacrera essentiellement à la peinture. La nature est à la source de sa peinture.

 

Pendant un séjour de trois ans aux îles Marquises, en Polynésie, j'ai décodé les signes abstraits qui sont utilisés là-bas comme symboles pour les tatouages et la sculpture. Comme dans l'écriture chinoise, cette forme d'expression est une sorte de pensée globale, née de la relation de l'homme avec la nature. A mon retour en France, j'ai voulu creuser cette recherche et trouver un langage qui ne soit pas dans la représentation de la nature mais dans la résurgence des émotions qu'elle produit en moi. Ce qu'elle laisse comme empreinte. Ce que je cherche, c'est revivre ces émotions dans l'espace de la toile. 

La couleur, origine du désir, m'engage vers la toile dans une impulsion inconsciente et spirituelle. Comme les saisons, elle rythme des périodes de ma vie intime avec la peinture. 

Chaque couleur est porteuse d'un principe de vie. Pour le rouge et le pourpre, il faut l'énergie physique des débuts de printemps. Pour le bleu des brumes, revenir au calme de l'hiver, à l'effacement. La lumière construit la toile et éclaire les interstices qui me permettent de retrouver les territoires de l'enfance. 

Je ne me jette pas dans la peinture, je la laisse venir, me troubler, me prendre. Elle n'est plus comme autrefois la délivrance d'une douleur vive mais un rituel nécessaire, une façon d'atteindre des forces qui me dépassent, telluriques et mystérieuses. La technique est avalée, assimilée ; juste besoin d'outils qui correspondent à ma sensualité : des pinceaux chinois, des balais, des marmites où décantent des mixtures d'encres et de pigments. Et puis, surtout, la toile, le tissu, matériau sensible de mon histoire de femme : ma mère était mercière, ma grand-mère couturière et mon grand-père matelassier. J'ai expérimenté les dilutions, les décantations, les superpositions des eaux colorées avec le sentiment de retrouver les gestes des lavandières, des teinturières, des blanchisseuses. Ce que je voulais, c'est que le résultat se situe entre l'estampe et la peinture. Les recettes que j'ai inventées avec les pigments, les encres, les impressions de signes récoltés dans mon jardin transforment souvent mon atelier en athanor. En définitive, je suis une femme peintre qui récolte la substance des jours.   

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